Magali S.

Les monstres

Anne Carrière

par (Libraire)
5 avril 2021

Un conte cruel glaçant

Eine et Jung on été élevés dans un terrier, loin de la civilisation, bercés par l'idée qu'ils sont des êtres à part, supérieurs...et un jour la porte du terrier s'ouvre. Nos deux enfants sauvages vont être confrontés pour la première fois au monde extérieur. Ont-ils été bien préparés ?
Les monstres est un thriller redoutable, féroce, à ne pas mettre entre tous les mains, à la manière d'un conte pour enfant qui aurait mal tourné. Très mal tourné.
L'écriture est hypnotique, addictive, et la narration, parfaitement maîtrisé, nous plonge dans une atmosphère quasi fantastique.

Un dernier ballon pour la route
par (Libraire)
4 mars 2021

EXPLOSIF!!

Freddie Morvan, ancien agent de sécu dont l'activité principale se résume à lever les coudes dans chaque bistrot où il s'arrête, a promis à son ami d'enfance de lui ramener sa femme et sa fille, enlevées par leur ennemi juré, le gitan Jérôme Hinault.
Freddie prend la route avec son ami Didier, un colosse un peu simplet qui distribue des baffes à la manière d'Obélix et qui s'enfile des ballons de rouge comme des grenadines.
L'action commence dès la première page et ne faiblit jamais. Pas un seul temps mort pour ce polar déjanté à l'humour mordant. Les répliques s'enchaînent comme dans une excellente comédie noire, et les situations incongrues se multiplient, même quand on pense que ça ne peut pas aller plus loin. L'écriture est maîtrisée, parfaite, jouissive.
Les personnages secondaires quant à eux, sont une des nombreuses forces de ce roman : travaillés, ancrés dans le passé du héros, charismatiques à souhaits, cartoonesques et représentatifs d'une certaine France: celle des petits villages paumés, des PMU, la France rurale abîmée par le travail physique, qui se noie dans l'alcool pour oublier que l'avenir ne lui réserve que des lendemains éreintants.
Vous allez rencontrer des personnages incroyables, loufoques, attachants, des vaches mortes, une chèvre alcoolique, une petite fille qui sait parler aux loups, un vieux militaire excentrique , un fantôme, un charlatan coiffé comme Johnny Hallyday, un sosie de Francis Cabrel...et j'en oublie sûrement beaucoup !
J'ai eu un coup de foudre pour ce road trip/western tarantinesque dans la France des piliers de comptoir et des parking Leclerc. Je me suis bidonnée, j'ai ri aux éclats, mais j'ai aussi été profondément émue. C'est un coup de maître !

Le Smartphone et le Balayeur
par (Libraire)
5 février 2021

Un Ariol pour les grands!

Un balayeur trouve un smartphone par terre, en pleine crise existentielle: ce dernier a sauté d'une poche EXPRES, car il ne supporte plus qu'on le touche. Plutôt cocasse pour un appareil tactile n'est-ce pas?
S'en suit un dialogue bigrement drôle et fin entre nos deux personnages.
Avec un humour bienveillant, Emmanuel Guibert interroge notre rapport à la technologie et plus particulièrement aux téléphones portables.
Juste et édifiant.

Le colibri
22,00
par (Libraire)
5 février 2021

Très grand roman!!

Un seul mot pour qualifier ce roman : virtuose.
La vie de Marco Carrera s'est construite sur une somme de coïncidences incroyablement romanesques et de turbulences qu'il va traverser avec panache et humilité.
A la lecture de ce récit, vous ressentirez une joie intense et irradiante, au fur et à mesure que la connivence s'installera avec le narrateur.
La construction de l'histoire est grandiose, l'écriture d'une maîtrise et d'une élégance folles.

Traverser la nuit
par (Libraire)
19 janvier 2021

un polar sombre et corsé

Hervé Le Corre s'impose une nouvelle fois comme un des meilleurs auteurs de polar français avec Traverser la nuit.
Jourdan, commissaire à la PJ, est appelé sur une affaire sordide, le meurtre d'une mère de famille et de ses deux enfants. Jourdan en a pourtant vu pendant sa longue carrière, mais ce sera pour lui l'affaire de trop. Pris d'une immense fatigue, les barrières sautent, sa carapace se fissure et il se laisse alors envahir par une colère sombre et brûlante.
On traverse ce roman au rythme de la pluie, tantôt en averses, tantôt en pluie fine et insidieuse, celle qui s'infiltre jusqu'à l'os.
Le style de Le Corre est implacable, chaque mot est à sa place, et on se laisse embarquer avec un plaisir avide dans ce polar corsé aux dialogues musclés. L'atmosphère, quant à elle est d'une noirceur âpre et poisseuse et nous plonge dans un monde où l'espoir semble ne pas avoir de place.