Rosalie R.

par (Libraire)
16 février 2021

Un premier roman époustouflant

Aujourd'hui Arthur est mort. Après avoir entretenu durant quarante ans une relation toxique avec Marta, il s'est éteint dans le lit conjugal, auprès de celle qu'il n'a pas su aimer. Pire, il l'a entourée d'un sentiment de loin plus destructeur que le désamour, l'indifférence ; une indifférence ponctuée de mesquineries, une froideur affective vicieuse et insoutenable, progressive et implacable.
Arthur est mort aujourd'hui dans ce silence amer, dans un vide émotionnel qui a détruit à petit feu la femme qu'il était censé choyer.
Découvrez vite ce premier roman d'une jeune auteure allemande! Un récit admirablement écrit sur la violente agonie d'un couple. Un texte diabolique glacial et d'une finesse rare.
UNE PERLE

Anne-Marie Métailié

18,60
par (Libraire)
24 janvier 2021

Je ne peux que vous conseiller de découvrir de toute urgence le roman coup de poing de la rentrée de janvier côté étranger : le récit autobiographique d'une auteure argentine transsexuelle qui dépeint avec fureur le quotidien d'une communauté de prostituées trans dans la ville de Cordoba.
C'est un texte flamboyant, admirable de sincérité qui rend un poignant hommage à celles qui rôdent en marge d'un monde qui ne leur inflige que moqueries et humiliations.
Tante Encarna, qui a les seins gonflés à l huile de moteur d'avion, tient une pension refuge pour les reines de la nuit en manque d'amour. Elle nourrit, protège et console des vies cabossées par la solitude, la soumission et les insultes, l'exploitation et le manque de respect.
"Les Vilaines" est un texte unique, enragé et inoubliable, un mélange à fleur de peau de féérie et de désolation, une explosion simultanée de joie et d'affliction profonde.
Une fois de plus l'Argentine livre pour notre plus grand bonheur une littérature haute voltige et d'une audace folle.

Roman

Albin Michel

19,90
par (Libraire)
15 janvier 2021

Si vous faites partie de ces nombreux lecteurs qui ont plébiscité "La goûteuse d'Hitler", vous apprécierez ce touchant roman également inspiré de faits réels.
Il relate une bien curieuse initiative prise par le parti communiste italien au lendemain de la seconde guerre mondiale: afin de soustraire les enfants de la misère et de panser les blessures occasionnées par le conflit, le parti a décidé d'envoyer les enfants les plus pauvres du sud de la péninsule dans des familles aisées du nord du pays pour leur apporter tendresse et réconfort.
Amerigo, un petit napolitain qui vit seul avec sa mère Antonietta, est du voyage. Âgé de huit ans, il va découvrir pour quelques mois dans sa nouvelle famille l'attention et la chaleur qui lui ont tant fait défaut. Mais le séjour n'est pas appelé à durer. Amerigo doit retourner dans sa ruelle auprès de sa mère et le déracinement a laissé des traces.
Un roman émouvant inspiré d'un fait historiquement méconnu, la confession pudique de ce qui s'apparente à un arrachement affectif, le douloureux récit d'un amour contrarié.
A découvrir.

Editions du Sous-Sol

par (Libraire)
5 janvier 2021

Après le magnifique "Ordesa" couronné par le prix Fémina étranger, l'auteur espagnol Manuel Vilas poursuit la mise à nu de ses errances et dévoile avec sensibilité les méandres de son instabilité émotionnelle.

En sollicitant l'émergence de souvenirs et de sensations, il parvient à introduire la poésie dans ce qu'il nomme pudiquement ses "excès de conscience". Celui pour qui la vie n'est finalement qu'une succession de deuils, cherche la saveur du présent dans sa complétude avec le passé.

La plume si naturelle et sensuelle de Manuel Vilas se nourrit d'émotions et révèle miraculeusement ce qui fait l'essence même de l'épanchement : le douloureux aveu d'une vulnérabilité, la confession profonde et salvatrice d'une sensibilité exacerbée.
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur au grand coeur qui a toujours vécu en ayant le sentiment de ne pas mériter quoique ce soit, je vous invite à découvrir " Ordesa" qui paraît en format poche chez Points.

Joshua Whitehead

Mémoire d'encrier

par (Libraire)
21 octobre 2020

Joshua Whitehead, un jeune amérindien originaire du Manitoba au Canada nous offre un premier roman admirable et d’une indéniable sensibilité, un court texte dans lequel la vie surgit à chaque page avec force et franchise.

Difficile de se faire une place quand on est un jeune NDN (indien) queer de surcroît et que l’on vit dans une réserve. Après le décès de sa kokum adorée, le jeune Jonny décide de quitter sa communauté pour s’installer en ville pour y vivre tant bien que mal de cybersexe.

À l’occasion de son retour parmi les siens pour l’inhumation de son beau père, il raconte avec énormément d'émotion et de naturel son enfance dans la réserve, ses traumatismes et ses humiliations, mais surtout l’amour extraordinaire pour sa grand-mère ainsi que son attachement pour son meilleur ami Tias.

Un texte intimiste magnifique, pétillant de sincérité et très attachant qui donne la parole aux autochtones marginaux avec une tendresse infinie. Une nouvelle voix poignante à la musicalité assurée et audacieuse. À découvrir hors des sentiers battus.