Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Presses universitaires de France

19,00
11 juillet 2021

essai

Des citations éclairantes :
Ce temps de cerveau, nous pouvons aussi bien en user pour apprendre la physique quantique que pour regarder des vidéos de chats. (p.21)
Une anecdote tirée de mon expérience d’enseignant (:) lors d’un cours (…) j’ai introduit cette notion d’effet cocktail. Comme toujours, quand je parle, certains de mes étudiants ont le nez plongé sur leur téléphone portable. Ce jour-là, une étudiante qui avait pris soin de se placer tout en haut de l’amphithéâtre ne paraissait pas écouter un traître mot de ce que je racontais. Vint le moment de la description de l’effet pop-up que provoquent certains mots et c’est alors que j’ai prononcé le mot « sexe » : cette étudiante a instantanément levé les yeux de son téléphone, un peu éberlué, comme si elle avait raté quelque chose d’essentiel. (p.95)
Cette tendance de l’esprit humain à surestimer l’importance d’une information qu’il rencontre pour la première fois. (p.226-7)
A propos des supercheries : assurons-nous bien du fait avant que de nous inquiéter de la cause. (p.238)
Les grandes firmes ne répondent pas tant aux demandes des individus qu’elles ne les fabriquent. (p.247)
Le désir de trouver des réponses : Ce désir est tout simplement enfoui dans notre cerveau, de même que le désir de distinction, l’appétence pour la conflictualité et la sexualité. (p.250)
A propos du Top 50 (Alain de Greef) : Pendant les années que cette émission allait durer, le goût de chiotte de nos compatriotes en matière de chanson fut largement mis en valeur. (…) J’ai tiré de cette aventure qu’il ne fallait jamais prendre le pari sur le goût du plus grand nombre. (p.253)
Ce n’est pas la qualité de l’information qui lui assure une bonne diffusion mais plutôt la satisfaction cognitive qu’elle procure. (p.261)
A propos de l’effet Streisand : il arrive que les efforts fait pour empêcher la diffusion d’une information y contribuent. (p.273)
Il n’y a pas de groupe humain sans relation de pouvoir. (p.281)
Le réel suffit rarement pour défaire la croyance. (p.284)
Une telle désintermédiation est patente chez (Donald Trump) : l’idée est de se servir des réseaux sociaux pour parler directement au peuple et enjamber les intermédiaires traditionnels qu’étaient les partis, les syndicats ou encore les médias. (p.302)
La vie politique, partout, fourmille d’effet cobra. En raison du caractère court-termiste des décisions qui sont prises, on se fonde trop souvent sur des intuitions ne tenant compte que des effets primaires, et non secondaires, des initiatives politiques. (p.352)

https://alexmotamots.fr/apocalypse-cognitive-gerald-bronner/

11 juillet 2021

mémoire, vie moderne

Tout au long de ma lecture, j’ai pensé à l’étude S/Z de Roland Barthes, car le personnage principal de ce roman est Me Susane.
D’elle, nous saurons peu de choses : elle va voir régulièrement ses parents en banlieue, elle vient d’ouvrir son cabinet à Bordeaux, elle voit encore son ancien petit ami Rudy qui a maintenant une petite fille Lila, elle emploie une femme de ménage, elle est chargée de la défense de Marlyne Principaux.
Nous ne saurons jamais le prénom de Me Susane, et j’ai aimé le nom Principaux.
Lorsque Me Susane rencontre pour la première fois le mari de sa cliente, lui revient en mémoire un moment de son enfance dont elle cherchera à tout prix à se souvenir, au risque de couper ses relations avec ses parents.
Ce roman est un roman exigeant qui mêle plusieurs narration : Me Susane qui cherche à se souvenir ; Marlyne et sa relation avec son mari ; la femme de ménage Sharon qui cache des choses à son employeure.
Un roman exigeant au niveau du style : des mots rares se glissent dans la narration, coupant le rythme de lecture ; les monologues sont pleins de mais ou de car suivant le personnage (ce qui permet aussi de le définir).
J’ai aimé l’écharpe orange comme un fil rouge de Me Susane à Sharon puis à Lila.
L’image que je retiendrai :
Celle du froid mordant qui fait que Me Susane tombe et se blesse.

https://alexmotamots.fr/la-vengeance-mappartient-marie-ndiaye/

Simo HILTUNEN

12-21

11 juillet 2021

Finlande, policier

J’ai rarement lu de polar finlandais, et j’ai beaucoup aimé celui-ci.

Nous suivons Lauri Viki, journaliste spécialiste des affaires criminelles qui décide d’écrire un article de fond sur les familicides.

Cette narration première est entrecoupée de souvenirs de l’enfance de Lauri avec son frère Tuomas, son père qui les battait comme plâtre et sa mère qui subissait.

Il a été brièvement marié à Paula, ils ont eu une fille Aava, mais Lauri a choisi de quitter sa famille pour leur bien.

J’ai aimé me plonger dans la vie de Lauri, constaté ses efforts pour ne plus toucher une goutte d’alcool.

Mais l’enquête de Lauri l’amène à se poser des questions sur ces familicides et faire sortir le loup du bois.

Un roman qui m’a plongé au coeur des familles violentes et du courage des enfants pour ne pas reproduire le même schéma.

L’image que je retiendrai :

Celle du loup, qui fait son apparition au fil des pages, en animal ou en l’homme.

https://alexmotamots.fr/si-vulnerable-simo-hiltunen/

11 juillet 2021

Japon

J’avais beaucoup aimé le précédent et premier roman traduit en français de l’auteur Mémoires d’un chat.

C’est avec plaisir que je retrouvais sa plume dans un contexte très différent : nous sommes sur la ligne Takarazuka-Nishinomiya dans la province du Kansai (Osaka).

La première partie se déroule au printemps, et la seconde en automne. Les chapitres portent le nom d’un arrêt où montent et descendent des passagers. Nous en suivons certain.

J’ai aimé les premiers, qui se rencontrent dans une bibliothèque, elle avec son sac Mickey et lui qui arrive toujours trop tard pour prendre un livre. Ensemble dans le train, elle lui fait remarquer le symbole vie sur une berge que surplombe le train.

J’ai aimé la grand-mère et sa petite fille, les conseils qu’elle donne à certaines passagères. J’ai aimé son indépendance.

J’ai aimé le paysage du printemps et de l’automne.

D’autres personnages m’ont moins marqué, mais j’ai aimé les retrouver dans le trajet retour de l’automne.

Un bémol : parfois le vocabulaire de la traduction m’a heurté (la narration est en langage soutenu, mais parfois des mots frustes parsèment le récit).

L’image que je retiendrai :

Celle du parfum du compartiment qui empoisonne l’atmosphère.

https://alexmotamots.fr/au-prochain-arret-hiro-arikawa/

1 juillet 2021

nouvelles

Suite au mois de la nouvelle et aux bons conseils de différent-e-s blogueur-euses, j’avais très envie de lire ce recueil de la collection Terres d’Amérique.

Je sors de ma lecture circonspecte : j’ai lu de courtes histoires se déroulant dans le Montana ou les états environnants, mais je me suis à chaque fois demandé où voulait en venir l’auteur.

Certes, j’ai pris plaisir à chercher les correspondances entre les nouvelles : le champ de bataille de Little Bighorn et la défaite de Custer ; la tribu indienne des Crows ; les chiens et les chats.

Je n’ai pas aimé la violence larvée présente en embuscade dans chaque histoire.

A la fin de chacune d’elle, j’ai eu la désagréable sensation que l’auteur me laissait là en plan.

Et même si certains personnages sont attachants, ce ne sera incontestablement pas une lecture qui me restera en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle des indiens Crows qui racontent n’importe quoi aux blancs et ceux-ci les croient.

https://alexmotamots.fr/courir-au-clair-de-lune-avec-un-chien-vole-callan-wink/