Librairie coiffard

Sabine Wespieser Éditeur

Conseillé par (Libraire)
18 avril 2024

Conseillé par Stéphanie et Rémy

Elle s'appelle Aurore, c'est encore une enfant, elle rit, elle est gaie, elle invente des histoires. Il s'appelle Lucas, immobile, il attend. Lucas ne parle pas, Lucas ne mange pas tout seul. Il regarde Aurore, sa petite sœur. Ces deux-là s'adorent. Lucas attend d'avoir quinze ans et le temps s'étire. Pourtant cela vaut la peine de patienter car les parents ont dit à Aurore, qui le lui a répété, qu'à quinze ans, il serait guéri. Mais c'est un mensonge de la part d'adultes voulant protéger des enfants, un mensonge qui transformera le chagrin en cratère lorsque la trahison deviendra brutalement évidente.
'Le cratère' est une histoire d'amour immense, un texte d'une simplicité magistrale, d'une pudeur et d'une justesse qui viennent traverser le lecteur. Ce sont des mots tout en retenue pour donner voix au silence, pour donner corps à l'effacé, pour que la vie continue.

Sabine Wespieser Éditeur

Conseillé par (Libraire)
18 avril 2024

Conseillé par Rémy et Stéphanie

"J'ai passé ma vie à éviter les sensations fortes. Question d'éducation. Pas d'alcool, pas de sauts en parachute, pas de voitures de courses. Pas d'aventures non plus. Même le sexe m’ennuie parfois. Tout m'ennuie d'ailleurs, je crois. J'attends que ça passe. Je ne sais pas ce que "ça" signifie (...)" confie Clément Bontemps, pharmacien sétois, au tout début du livre. Seulement, depuis l'entretien avec le professeur de philosophie de son fils, la vie ("cet écoulement du temps, rien d'autre") de notre homme est perturbée. Quelque chose s'est déréglé depuis la conversation avec ce Monsieur Almassy. Clément Bontemps s'interroge sur sa place de père et de mari. Sa femme Madeleine et son fils Matias sont en vacances en Suisse, comme tous les étés. Il les rejoindra bientôt, comme tous les étés. Mais les quelques semaines qui s'annoncent avant ces retrouvailles de plus en plus incertaines vont être décisives. Notre pharmacien solitaire, sur lequel tout semblait glissé jusqu'à maintenant, commence par se rendre à la plage un soir après avoir fermé la pharmacie. Lui, qui n'a jamais aimé cela, le voici qui court vers la mer assailli par un flot de pensées envahissantes. La plongée dans les eaux méditerranéennes le mènera à petites brassées vers les eaux du Danube, une île écossaise et de lourds secrets enfouis, avec "Fantaisie en fa mineur" de Schubert dans l'oreille, petite musique omniprésente qui contient peut-être une clé ... Quelle élégance ce Jean Mattern !

Conseillé par (Libraire)
11 avril 2024

Conseillé par Stéphanie

En fermant ce roman, le lecteur reste quelques instants immobile, admiratif face à l'imagination foisonnante de Romain Puértolas. Pour celles et ceux qui ont déjà lu les romans précédents de l'auteur, et notamment le jubilatoire "L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea", pas de surprise donc : Romain Puértolas est en grande forme ! Il se met en scène et nous raconte son obsession d'ancien flic pour "l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès". Oscillant entre une enquête très sérieuse et le romanesque parfois délirant, l'auteur nous attrape facilement et son idée fixe devient rapidement contagieuse. Le personnalité de Xavier de Ligonnès est extrêmement complexe et permet à l'auteur d'explorer toutes les pistes à la fois avec rigueur et extravagance. En mêlant intelligemment fiction et réalité, Romain Puértolas ne manque pas de nous mener où il veut jusqu'à une fin désarmante et réussie. Et puis, il faut bien le dire, quand un personnage, réel ou fictif, passe par la librairie Coiffard dans un roman (p.27) ça fait toujours plaisir !

Conseillé par (Libraire)
4 avril 2024

Conseillé par Morgan, Stéphanie et Rémy

Entré dans l’Union Européenne en 2004, L’Estonie est pourtant un pays que nous situons mal, trop souvent associé, voire confondu avec ses voisins. Nous avons facilement tendance à simplifier les choses en parlant des « Pays Baltes ». En lisant "Le bateau blanc", le lecteur mesure à quel point la grande Histoire a maltraité ce petit pays et ses habitants. Xavier Bouvet raconte avec une grande précision, de façon très documentée, en s'appuyant sur une construction narrative maîtrisée, la façon dont durant cinq jours en septembre 1944 une poignée d’hommes courageux a tenté de restaurer une République d’Estonie depuis Tallinn durant ce très court intermède entre la fuite des nazis et l’arrivée des soviétiques. Un roman éclairant que nous avons sélectionné pour notre prix du roman Coiffard 2024.

Janice Hallett

Denoël

Conseillé par (Libraire)
28 mars 2024

Conseillé par Marion H

Robert Tanner est avocat de la Couronne à Londres, dans un cabinet très prestigieux. Il est déterminé à résoudre une affaire des plus retorses. À Lockwood, petite localité de la campagne anglaise, une troupe de théâtre a vécu des événements dramatiques. Une famille riche et très puissante, les Hayward, organise tous les ans la mise en scène d’une pièce de théâtre. Cette année, en plus des habitués de ce club, deux nouvelles têtes font leur apparition. L’organisation de cette pièce réjouit tout le monde, jusqu’au jour où le metteur en scène apprend une bien triste nouvelle. Sa petite fille a une tumeur au cerveau. Il invite alors tout le monde à participer à une grande cagnotte. Une campagne de dons est ainsi ouverte par un magnifique bal. Et puis tout commence à aller de travers. La famille Hayward est accusée d’escroquer les donateurs, des agressions se produisent, des événements caritatifs ne se passent pas comme prévu. Et cette fichue pièce qui doit bientôt avoir lieu n’arrange pas les choses. Doit-on annuler les représentations ? Et la petite est-elle réellement malade ? Beaucoup de questions, peu de réponses. Jusqu’au meurtre final, comme un acte irrémédiable dans ce grand théâtre qu’est la vie. Qui est le coupable ? Quel est le mobile ? Le lecteur est pris à parti dès le début par le format original du livre : un échange de mails entre les personnages. Arriverez-vous à déterminer qui est le meurtrier ? Nous le recommandons aux lecteurs avides des "whodunnit", à la manière d’un bon Agatha Christie.