Le consentement

Vanessa Springora

Grasset

  • Conseillé par
    18 septembre 2020

    L'emprise d'un vieux barbon

    Je me décide à lire ce livre dont on a beaucoup parlé lors de sa sortie.

    J’ai été étonnée de son peu de pages (216) au vu du sujet. L’auteure va à l’essentiel et ne s’embarrasse pas de détails.

    S’agit-il d’ailleurs d’un roman, étant donné que les personnages ne sont pas imaginaires ? Peu importe.

    Ce qui est intéressant, dans ce récit, c’est la description que l’auteure fait de l’emprise qu’elle a subie de la part d’un vieux barbon ; le terrain propice que constitue sa famille, ou ce qu’il en reste ; son besoin viscéral d’être regardée.

    Je ne vous décrirai pas les événements marquants, les médias en ont beaucoup parlé.

    Ce que j’ai aimé, c’est la suite, de lire comment on se défait d’une telle emprise. A grand peine, d’autant plus que le gourou bénéficie de la notoriété littéraire et qu’il ne lâche pas sa proie.

    Même si, à l’image du début du livre, l’auteure n’entre pas dans les détails.

    J’ai aimé le regard adulte qu’elle porte sur ce Monsieur à la sexualité enfantine et mécanique.

    Quelques citations :

    Ce soir-là, le livre que j’avais apporté et que je lisais dans le petit salon, c’était Eugénie Grandet, de Balzac, qui devient, à la faveur d’un jeu de mot resté longtemps inconscient, le titre inaugural de la comédie humaine à laquelle je m’apprête à participer : "L'ingénue grandit".

    Parce que la peur de l’abandon surpasse chez moi la raison, et que je me suis entêtée à croire que cette anormalité faisait de moi quelqu’un d’intéressant.

    Toute son intelligence est tournée vers la satisfaction de ses désirs et leur transposition dans un de ses livres. Seules ces deux motivations guident véritablement ses actes. Jouir et écrire.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la crise psychotique de V. qui lui fait prendre conscience que quelque chose ne va pas.

    https://alexmotamots.fr/le-consentement-vanessa-springora/


  • Conseillé par
    29 janvier 2020

    Amours toxiques

    Je ne connaissais pas Vanessa Springora, et j’avoue que Gabriel Matzneff ne fait pas parti de mes auteurs de prédilection.
    J’ai eu un peu peur qu’il s’agisse d’un livre « règlement de comptes », ce qui serait légitime mais est-ce que cela allait m’intéresser ? Au final, un livre sans pathos, sans larmoiement, une femme qui nous décrit son enfance sans filtre et ne se donne pas une place de victime. Mais explique à sa façon, ce lent processus qui la fait passer de l’amour à la détestation. A la prise de conscience d’un acte monstrueux, de la part d’un Monsieur, lettré, et plus âgé, qui a habilement profité de sentiments sincères.
    Il y a des hommes pervers, mais il y aussi, et c’est peut être encore plus grave pour moi, des parents toxiques.
    Est ce que cette mère a accepté la publication de ce livre pour essayer de se racheter…. ?? En tous les cas, comment peut on fermer les yeux, et même cautionner ce type de situations ?
    J’espère sincèrement que ce récit aidera d’autres femmes ou hommes, car l’inverse peut également exister, et surtout qu’il aura eu un effet thérapeutique sur son auteure.
    Un livre important, fort et coup de poing, Quel courage, bravo.


  • Conseillé par (Libraire)
    24 janvier 2020

    Une écriture ferme et incisive...
    Un texte d'une grande maîtrise littéraire !

    Brigitte


  • Conseillé par
    5 janvier 2020

    Un coupable et des complices

    Comme le roman de Delphine de Vigan, « Rien ne s’oppose à la nuit » a ouvert
    l’ère des confessions sur les mères dysfonctionnelles, l’affaire Weinstein et
    le mouvement #metoo ont libéré la parole de femmes ayant subi des violences
    sexuelles.

    Dans « Le Consentement », qui aurait tout aussi bien pu s’intituler «
    L’Emprise », il y a une victime, un coupable… et des centaines de complices :
    la famille et toute une société, qui ont non seulement fermé les yeux, mais
    encouragé les penchants pour les très jeunes gens des deux sexes de celui qui
    est appelé G. et dont plus personne n’ignore qu’il s’agit de l’écrivain
    Gabriel Matzneff.

    Pourquoi Vanessa Springora décide-t-elle de publier ce récit aujourd’hui à
    quarante-sept ans, alors que sa liaison avec G. date de trente-cinq ans ? Elle
    l’explique ainsi : « Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes
    rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution
    se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur
    à son propre piège, l’enfermer dans un livre. »

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u